Les cinq films peu connus d’Eastwood qui en disent long sur le réalisateur



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Depuis 90 ans, le créateur de l’oeuvre pour Madison, Warner lui dédie un coffret luxueux. Une chance de revenir sur cinq de ses films les plus discrets qui illuminent Eastwood, qui est plus nuancé, moins misogyne et misanthropique qu’il n’y paraît.

Il a fêté ses 90 ans en mai dernier et vient de faire un nouveau film, Cry Macho. Warner vient de posséder un coffret coûteux (299 euros) mais généreux (1): 63 films sur Blu-ray et DVD, trois documentaires, des affiches… De même, l’édition Pléiade.

Les critiques ont souvent hystérique Clint Eastwood. Ils l’ont condamné comme un fachox à l’époque Inspecteur Harry Au temps de Don Siegel (1971) et de l’idéalisteImpitoyable (1992), ne réalisant pas qu’il n’était ni l’autre ni l’autre. Qu’il était, en fait, dans la famille de John Ford ou Raoul Walsh: les Américains ne se taisent pas, mais sont intérieurement fidèles à une nation dont ils n’ont jamais arrêté les erreurs et les maux.

On lui a également attribué (nous continuons à lui prêter) une féminité outragée, prétendant avoir oublié Meryl Streep (Sur le chemin de Madison, 1995) et Hilary Swank (Un bébé à un million de dollars, 2004). Regardez la série Inspecteur Harry, On comprend que même ce grand macho d’Harry Callahan est plus ambigu qu’on ne l’a dit: la seule tendresse dont il est capable envers un homme est de la réserver à ses coéquipiers, ce que ses supérieurs lui dictent (L’inspecteur n’abandonnera jamais, 1976). Et en Impact soudain: le retour de l’inspecteur Harry (1983), il va jusqu’à comprendre et dissimuler la vengeance de l’héroïne – c’est vrai.

Voici donc, à travers cinq films relativement méconnus, une petite critique de Clint Eastwood, misanthrope et fier de lui.

« L’homme Honkyton » (1982)

Peut-être le plus beau d’Eastwood. On y retrouve son amour pour le grand air et ses nobles émotions: le pauvre avare qu’on trouve au début du film ressemble exactement à John Ford Les fruits de la haine. Parmi eux, le chanteur country, dont les tentatives méritoires et moqueuses pour échapper à son destin sont traquées … Le film est aussi l’histoire d’un adolescent apprenant (réalisé par le fils du réalisateur Kyle), a commencé en quelques jours les deux joies essentielles de la vie selon Eastwood: les femmes et la musique. L’amour et l’amour de l’art en un mot.


«Chasseur blanc, cœur noir» (1990)

Une fois dans cet arrangement du roman de Peter Viertel, Eastwood ne se contente pas d’interpréter un alter ego dur et minéral. Il joue le personnage. Un collègue qu’il admire: John Huston (dans le film Wilson), dont il répète, sans exagération, la marque de fabrique à la fois sifflante et essoufflée. Huston va en Afrique, moins pour y tourner Reine africaine se punir pour une erreur méconnaissable en tuant un éléphant – le plus grand péché à ses yeux … Nous soupçonnons Eastwood d’avoir tourné ce film ambitieux et intimidé juste pour contester « 85 millions de mangeurs de pop-corn » qui dominent avec les grands studios hollywoodiens. « Succès du film, plus Eastwood-Huston, il faut oublier qu’il sera vu. » Et enfin: «Pour moi, il y a deux façons de vivre: ramper, écrire des fins heureuses, signer des contrats à long terme. Ou refusez le système. Et combattez le gars qui vous tient la gorge. »


« Tension la nuit » (1971)

Le premier film réalisé par Clint Eastwood – un hommage au jazz, l’intrigue se développe en sons Brumeux Erroll Garner – confirme clairement sa réputation de triste machona en tant que fan psychopathe interfère avec le disque qu’il joue. Mais on peut aussi lire l’histoire de ce Don Juan piégé comme une variante d’un arroseur baptisé. Le meilleur ami du héros ne l’envoie pas dire: « Le vivant avec l’épée meurt avec l’épée. « , Il tire presque amusé, et la culpabilité et sa punition – le salaire du péché – pèsent toujours sur le film d’Eastwood. Ici Chasseur blanc, cœur noir. Dans Minuit dans le jardin du bien et du mal (1997). Dans rivière mystique (2003). Jusqu’à ce qu’il appartienne souvent au pur masochisme.


« Crédits de sang » (2002)

Le masochisme qui s’épanouit dans ce thriller curieusement oublié et que Michael Connelly a pris à Toman. Pourquoi un profileur du FBI qui prend sa retraite après une crise cardiaque revient-il en service? Vengez le meurtre de la jeune femme dont le cœur bat maintenant dans sa poitrine. Plus que la dette suggérée par le titre, c’est en effet une montre de la mort qui semble tirer Terry McCaleb, comme beaucoup de héros d’Eastwood, au-delà de lui-même. Parfois vers leur perte.


« La corde » (1984)

Richard Tuggle, qui signe le film, est un personnage. UNE « Oui mec ». Corde est un film 100% Eastwood (dans l’ambiance, le cadrage …), d’autant plus intéressant qu’il prétend ne pas l’avoir fait. Peut-être parce que le flic qu’il joue – divorcé contre sa volonté, le père idéal – se révèle cette fois, et est un double pervers rare et précis qu’il chasse. Un flic comme lui, un fan de sexe comme lui. Les policiers, qui le surveillent secrètement, l’entourent et vont jusqu’à le payer, comme pour le défier, une prostituée soumise et un gigolo gay … Vagues horreurs dont le héros est difficile à distinguer. Grâce uniquement à la femme, la féministe, a interprété Geneviève Bujold. Qui parle encore du machisme d’Eastwood?